Trois ans. Braséro disait que c'était le maximum pour ce genre de projet. Au delà, tu te lasses, tu commences à moins produire, tu espaces tes interventions, et tu finis par ne plus rien faire du tout. A la fin des fins, c'est toi le dernier prévenu quand il y a le tuyau de l'année dans les commentaires. Pas grave, je suis en phase sombre, un peu revenu de tout.
Merci quand même à Lord Nezguich, et aux autres, qui continuent d'ésperer que je me décide à faire une nouvelle page.
Je me reconnais un bon paquet de défauts, et je gagnerais à plus écouter mes potes. Mais si j'ose m'accorder une vertu, c'est celle d'être pugnace. Alors je vais tâcher de faire mentir Braséro, et signer de ma sueur passée et à venir, un nouveau bail de trois ans.
Trois ans, c'est un temps équin. De la saillie aux qualifs pour les plus précoces. Puis trois ans de compétition dans le cas où ça se passe bien, mais même comme ça c'est dur. Et si il est encore là pour trois ans de plus, c'est que vous êtes vernis, et vous pouvez rêver à Malte où à la Suisse. Personne ne rêve de ça, mais voir trotter des vieux tontons millionnaires, on peut trouver ça marrant. Je parle du trot, bien sûr. Vous imaginerez un schéma différent au galop, avec des courses à lettre, des réclamers et des listed la queue en panache. Je vous en souhaite. Comment? Acheter un cheval ne vous dit rien? On va se mettre à tous, faut essayer, c'est grisant.
Depuis trois ans, j'ai tenté une percée dans ce monde hippique si opaque. Je croyais y être arrivé, mais un jockey dont je tairais le nom m'a dit que j'avais rien à foutre dans les écuries un jour de grande course. J'ai pas relevé, et je regrette de ne pas lui avoir mis sous le nez mon accréditation niveau 4, tamponnée-validée Cheval Français, qui me donnait quasiment accès à son slip. Passons, le ressentiment c'est pas bon pour le ventre.
Quand j'ai commencé ce blog, quand j'ai envoyé mes premières bouteilles à la mer, je voulais juste trouver un exutoir, un vase d'expansion rigolo qui me permettrais de pleurer avec d'autres sur ma loose et mes emmerdes de turfiste. J'ai été exaucé au delà de tout. J'ai rencontré des gens géniaux, vous les lisez dans les commentaires, j'ai vécu comme un roi dans les hippodromes, accosté le gratin du monde hippique une coupe de champagne à la main.
De quoi me plaindrais-je?
Il ya de cela deux ans, Gaspard et Hypo m'ont contacté. Il m'ont posé une foule de questions. C'était à l'époque de la "bigorne". Je voulais qu'on se cotise pour faire un "coup au flambe". A présent, quand je vois les mecs qui le font en vrai, je flippe. On aurait été comme des canards sur un lac de crocodiles. Sans les ailes. Les deux documentaristes, donc, interessés par ce projet délirant, et souhaitant réaliser un documentaire sur les courses, m'ont proposé de devenir héros de télé.
A l'époque, je trainais avec cet arnaqueur de Jipé. Il nous a trouvé un cheval. Seul, je n'avais pas les fonds, alors Vincent, alias Bobby du blog, aussi givré que moi, a suivi. Et on s'est retrouvé tous les deux héros de documentaire.
Je peux vous dire qu'on a crapahuté, on s'est pris des rateaux et des murges, ce qui va parfois de pair. Mais Bon Dieu on a vécu! On s'est engueulés et serrés dans les bras. Pas assez de l'un et de l'autre parceque c'est la vie et que la vie ce n'est bon que quand ça fait quelque chose.
On a passé des nuits à refaire les courses, puis à refaire les courses qu'on avait refaites. On a dormi sur le sol, et ça nous fait rire et mal au dos aussi.
Je ne peux pas vous raconter le film, ce serait dommage. En bref, deux turfistes-non, quatre- décident de s'acheter un cheval de course. Ils se font plumer, et essayent de se refaire au flambe, mais ils ne sont pas très doués. Quoique...
Si Dieu veut, ça passe en Septembre sur Arté. En fait, c'est sûr que ça passe mais on a pas la date. Evidemment, on en reparlera.
Bobby disait de ce projet qu'il le tenait debout. Il était en dépression depuis un moment, mais nous esperions qu'il irait mieux avec la réalisation du film. Nous n'avons pas vu qu'il s'enfonçait de plus en plus dans la maladie. Depuis décembre, nous avions peu de nouvelles.
Le chemin, on ne sait pas bien où il commence, ni où il finit. On ne sait pas le temps que prendra le voyage, ni même s'il sera agréable ou pas. La plupart des gens avancent sans se poser de questions, ou en les éludant, ce qui revient au même. Ils sont méchants ou impassibles, ce qui revient aussi au même. Vincent n'était ni méchant ni impassible, mais, torturé depuis des années, il a décidé que son voyage à lui se terminait le 12 Mars 2012.
Je pleure un ami très cher, un frère de galère. Repose en paix camarade.
Bobby m'avait fait la bonté d'écrire pour le blog un soir de nocturne au Croisé. C'est ici.











Derniers Commentaires